Histoire locale

Thsigwac0cLE COMMANDANT MEDECIN

PAUL GRAUWIN

 "Le toubib cher au coeur de tous ceux qui l'ont approché s'en est allé après avoir lutté courageusement contre la mort, celle qu'il n'avait jamais cessé de combattre, pour ses blessés, sur tous les fronts.


A peine sorti de la Faculté de médecine, son diplôme d'interne en poche, son destin est déjà tracé : c'est au service des autres, avec le plus total désintéressement qu'il consacrera sa vie.

Dès 1942, il entre dans le réseau de résistance sylvestre et crée la première antenne chirurgicale dans l'Hospice de Templeuve. Participant aux combats de la libération de cette ville, il recevra en trois jours une centaine de blessés F.F.I et Alliés. Il opérera sans arrêt.
La poche de Dunkerque, la campagne d'Allemagne puie l'engagement pour l'Indochine, c'est le parcours militaire du Médecin Paul-Henri GRAUWIN dont les actions héroïques donneront lieu à neuf citations à l'ordre de l'Armée et à l'ordre de la Division. 


Prisonnier des Viets à Diên-Biên-Phu, après les cinquante quatres jours d'enfer pendant lesquels il opéra nuit et jour, plus de quatre mille blessés, il sera encore un soutien inlassable pour ses camarades d'infortune en veillant à leur évacuation sur Hanoî.
Paul-Henri GRAUWIN racontera, dans son livre "J'étais Médecin à Diên-Biên-Phu", ce que fut Diên-Biên-Phu, ses causes, ses effets.
Témoignage extraordinaire de ce dernier combat des Français en Terre d'Asie, son récit sera traduit dans toutes les langues. Il cédera tous ces droits d'auteur au profit des mutilés de guerre.

Libéré de ces lieux de la mort par un ennemi qui l'admirait (il soignait indifférement l'ami ou l'adversaire), il fut nommé Chef des Services Chirurgicaux du Cap Saint-Jacques, puis revint à la voie civile en 1956 après avoir dû céder au Viet-Minh les hôpitaux où il exercait et vu le sort réservé aux réfugiés du Tonkin.
Sa confession bouleversante s'exprimera dans son deuxième livre "Seulement médecin".
L'Asie l'avait marqué à jamais. Il ne l'abandonnera pas. Il fonde une Clinique à Pnom-Pench. Les plus démunis y trouveront toujours une place de choix.

Il sera le dernier Français à partir, alors que les Kmers Rouges sont déjà entrés dans la ville.
Il revient en France, il a tout perdu là-bas, mais Paul-Henri GRAUWIN n'est pas de nature à se laisser abattre.
Il se présente au Ministère des Anciens Combattants et est immédiatemnt recruté comme Médecin-Expert au Centre Réforme de Paris. Il y retrouve ses anciens blessés à l'occasion des visites médico-légales: il connaît leurs souffrances. Il sait d'où elles viennent.

Parallèlement, il continue son oeuvre en Asie.
Il ne peut oublier ses amis du Viêt-nam, du Cambodge. Il parcourt les camps de réfugiés en Thaîllande.
Au péril de sa vie, il franchit la frontière cambodgienne, soigne, réconforte, panse encore sous ces cieux maudits parce que témoins de tant d'horreurs.
Il emporte de France, du matériel médical introuvable là-bas. Ses économies sont pour les plus malheureux d'entre les malheureux. Il adopte deux enfants.

Paul GRAUWIN est un saint dans la vie civile, il fuit les honneurs, reçoit malgré lui les plus prestigieuses décorations, n'accepte que l'appellation de "toubib" se plaît parmi les humbles, vit dans une chambre monacale.
A Paris, ses samedis et dimanches sont pour ses amis d'Asie et leurs enfants, qu'il conseille, aide dans le poursuite de leurs études.
Il parcourt la Province, aussi pour donner des conférences, dire ce qu'il a vu et ce qu'est le péril rouge.
Il donne des interviews, écrit des articles dans les journaux et magazines pour dénoncer le génocide cambodgien, dont il souffrira toujours.
Peu de temps avant son décès, il apprenait le commencement de la désagrégation communiste.
Mais la mort était au rendez-vous. Elle ne lui permit pas d'en connaître d'avantage.
Paul-Henri GRAUWIN avait entrepris d'écrire un troisième livre "La marque bleue".
Conteur captivant, il avait en mémoire des souvenirs qu'il voulait confier à ses lecteurs dans ce style toujours clair, servant du mot juste adapté à la pudeur du sentiment et de l'expression.

Paul Henri GRAUWIN fut un médecin hors du commun, un patriote sans xénophibie. Un homme de coeur, simple, généreux et bon, un ami aussi des animaux.
Paul Henri GRAUWIN appartient désormais à l'histoire. (Il a été demandé à Monsieur Jacques Chirac de donner à une rue parisienne, le nom du Docteur Paul-Henri GRAUWIN.


TEMOIGNAGE DE CEUX QUI L'ONT BIEN CONNU

"Médecin en chef honoraire des Armées, Paul GRAUWIN, au nom des anciens combattants de DIEN BIEN PHU, au nom de tous, je viens te dire "au revoir" et merci.
Arrivé en février 1954 au camp retranché après déjà plusieurs années opérationnelles, tu es de ceux et - je pense à tout le corps médical- qui ont permis aux combattants de tenir, d'écrire une page héroïque de notre Histoire, car ils étaient assurés de toujours pouvoir compter sur vous en cas de malheur. Chargé de la fonction la plus difficile - le triage- opérant sans relâche dans des conditions impossibles, tu as conservé à tous l'espoir, à beaucoup la vie.

Expérience douloureuse, héroïque de la souffrance des hommes, compétant et sublimant tes actions antérieures - l'hôpital de SECLIN en 1940, la captivité à Epinal, l'engagement dans la Résistance au réseau Sylvestre - ce passage dans la boue et le sang confirmera ta vocation au service exclusif de l'Homme; de ceux qui souffrent et plus particulièrement des populations d'Extrême Orient que tu aimais tant et qui te le rendaient bien.

De retour en métropôle - ou plutôt de passage - tu es pris, toi fils de paysan, d'un mal fatal à certain : la célébrité. Mais cela t'importunes peu. Tu rédiges ton témoignage, ce que dans une dédicace tu appelais "Notre DIEN BIEN PHU" faisant toujours la distinction entre ceux qui avaient sauvé l'honneur... et les autres, puis, léguant tes droits d'auteur aux mutilés, tu es repris par un autre mal : le mal jaune.

Pendant 16 ans tu vivras, tu oeuvreras dans ta patrie d'adoption: Le CAMBODGE, et, feras ensuite de nombreux séjours à sa frontière à la disposition des réfugiés des camps, lorsque le pouvoir t'aura chassé.

De retour cette fois en FRANCE, ce seront les anciens combattants et beaucoup d'entre-nous qui bénéficieront de tes services. Car toute ta vie, tu as été, tu as voulu être au service des autres.

Malade, tu conservais ton coeur ouvert, mais ta porte fermée, car tu ne voulais pas déranger.
Aventurier, toujours de par le monde, tt recherchais, quête difficile, dans la réflexion des années assagies, ces vérités profondes, fondements de la sérénité
Et cela passe par le dépouillement.
Aujourd'hui, tu les as trouvées.
Que le Seigneur te garde, comme nous garderons ton souvenir,
Mais saches combien tu nous manqueras
Adieu Toubib"


Texte écrit par le général DE BIRE, Président national de l'Association des Combattants de Diên-Biên-Phu.
En hommage à cet enfant du pays, la place de l'école deCamphin porte son nom.
Jetais medecin a dien bien phu grauwin 1

LES MOULINS

 

Hélas, il ne reste aujourd'hui que le souvenir dans la mémoire des plus anciens et quelques photos jaunies. Certains quartiers de nos communes gardent le nom qui laisse deviner leur origine. Ainsi, à Phalempin, on trouve le quartier du moulin, à Camphin la rue du Moulin et à Chemy le Moulin de l'Aubette.
Une carte ancienne recense les moulins qui existaient encore au siècle dernier.

carte-ancienne-moulins.jpg

La commune de Camphin comptait plusieurs moulins et en tous cas au moins trois.
Deux d'entre eux se situaient route de Carnin et le troisième dominait la plaine située entre Ennecourt et Camphin. L'histoire raconte qu'un enfant espiègle de Camphin qui s'ingéniait à passer entre les ailes du moulin trouva la mort, heurté par l'une d'entre elles.     

Aujourd'hui, si les moulins se dressent encore fièrement dans les Flandres, la plupart de ceuxs qui existaient ont disparu. Une loi taxant l'outil de travail (l'ancêtre de la taxe professionnelle) a eu raison des moulins qui subsistaient encore. En effet, le législateur de l'époque avait institué une taxe spéciale sur les moulins, considérant que lorsque celui-ci possédait encore ses ailes, son propriétaire était redevable de l'impôt.


La suite est à deviner...Tous les propriétaires de moulins qui n'étaient plus en activité se sont empressés de démonter les ailes pour échapper à cette taxe imbécile. L'inventeur de cette taxe est mort, et les moulins du Carembault ne renaîtront jamais.

      
      Un des moulins qui se situait sur la route de Carnin fut abattu autour des années 1930, il faillit tuer l'homme chargé de sa destruction, un peu comme si ce monstre de bois n'acceptait pas de finir aussi tristement.

Article écrit par Raymond Namyst.

Les commentaires sont clôturés

×